Lee WON-HEE : l’esprit ouvert

LEE WON HEE (4)

Lee WON-HEE

Lee s’est confronté à un double défi à l’issue de sa carrière exceptionnelle. Il a été champion olympique -73 à Athènes avec un ippon différent à chaque combat. Cela donne la mesure du personnage. Il a été aussi champion du monde en 2003 à Osaka. Avec un tel palmarès la première question que l’on peut se poser, peux-t-on être patient et tolérant quand on possède un tel savoir ? Et la deuxième question : peut-on faire passer son message humaniste quand le poids de la tradition est avant tout martial en Corée du Sud ?  La réponse est doublement OUI !

SHANY HERSHKO and LEE WON HEE

Shany HERSHKO et Lee WON-HEE : une amitié qui dépasse les frontières

Ma rencontre avec lui s’est passée en Israël lors du stage international que je couvrais. Shany HERSKO l’entraîneur en chef de l’équipe féminine m’avait prévenu : » tu vas voir demain sur le tatami un judoka et une personne exceptionnelle. pour moi le plus grand judoka de l’histoire, devant JEON » .  A tel point qu’il a prénommé son fils Lee, une première en Israël. C’est dire la force des liens qui les unit.

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Lee : Montrer l’exemple et ne rien lâcher!

Arrivés tard dans la nuit directement de Corée, en début d’après-midi malgré le jetlag, l’équipe était présente sur le tatami prête à en découdre. Avec les françaises présentes de Peugeot-Mulhouse, on a remarqué de suite que le niveau d’intensité s’est relevé de suite d’un cran . Tout le reste du stage a été dans cette tendance, intensité et technicité…dans la convivialité ! Car c’est là le point fort de Lee. Pour faire ses preuves on lui a confié la charge des espoirs féminins de la Corée du Sud. Bien leur en a pris ! Son échéance était à priori de pouvoir les amener dans les meilleurs dispositions pour les jeux de 2020 à Tokyo. Seulement il a pris de l’avance sur le calendrier.BO KYEONG JEONG

Bo Kyeong JEONG médaille de bronze -48 championnats du monde 2015

Bo Kyeong JEONG vient de ramener la médaille de bronze en -48 aux derniers championnats du monde. Attendez-vous donc à des médailles olympiques coréennes dès Rio ! De ce fait une page de l’histoire de la Corée est en marche pour un record de  en 2020. C’est mon analyse et je vous la partage. Pourquoi ?

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Avant de le connaitre, La Corée du Sud était marqué dans mon esprit par 2 anecdotes. Celle d’Automne PAVIA lors de sa première campagne asiatique chez les seniors avant le Grand Prix de JEJU. Une correction à l’encontre de la coréenne perdante dans un randori contre elle, l’avait marquée. Ensuite celle d’Ugo LEGRAND pendant les JO de Londres . Il vient de gagner sa médaille de Bronze. Il arrive à la salle d’échauffement. Il voit alors Ki-Chun WANG se faire aider pour enlever son judogi. Il est strappé comme une momie, en particulier sur son épaule. Ugo aura cette réflexion, dire que j’ai failli perdre et il n’avait qu’un seul bras de valide… Pour moi ça résume un état d’esprit marqué par la prédominance du martial et de la performance sur l’intégrité de l’individu. Mais avec Lee WON-HEE, un tournant a été amorcé.

LEE WON HE and MI RI KIM

La décontraction avant la chambre d’appel,ici avec Mi-Ri KIM -52 n’entame en rien la concentration et les résultats

Le plaisir de vivre le judo, c’est ce que je vois à la salle d’échauffement lors des grandes compétitions pour l’équipe féminine qui entoure Lee. Deux courants encore, deux cultures cohabitent. La méthode traditionnelle, et celle de Lee, ouvert d’esprit, à l’écoute de ses judokates et proche d’elles. Le contraste est vraiment marquant dans la chambre d’appel. Cette bulle qui précède tous les combats. Lee leur parle, les encourage, les entoure, leur fait sentir sa présence et son soutien. J’en reste persuadé, des choses passent au-delà des mots par le toucher, le geste. Doublement même, tout judoka a une prédisposition tactile hors-norme, et pour ces athlètes de haut-niveau encore plus, dont le kumikata est à la base de tout.

LEE WON HEE and JAN DI KIM (3)

Lee avec Jan-Di KIM -57

LEE WON HEE and SEONGYEON KIM (2)Proches de ses athlètes : Lee avec Seongyeon KIM -70 

Alors oui on parle à juste titre d’une révolution depuis la venue d’ INOUE à la tête de l’équipe du Japon. Moi je rajoute la présence de Lee WON-HEE qui est une montée en puissance inexorable d’un changement de mentalités et de méthodes qui déjà révolutionne le judo coréen.

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Lee et son équipe féminine en stage en Israël pour aussi s’ouvrir sur le monde 

Bo Kyenong JEONG-48, Mi-RI KIM -52, Jan-DI KIM-57, Da-Woon JOUNG-63, Seongyeon KIM-70, Minjeong KIM+78, Jiyoun KIM+78

L’histoire est en marche !

Oui Shany je comprend maintenant pourquoi tu portes Lee si haut dans ton estime, il le mérite.

Emmeric LE PERSON

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2 réflexions au sujet de « Lee WON-HEE : l’esprit ouvert »

  1. La rigueur asiatique n’est pas un mythe mais bien un réalité. Nos jeunes judoka français le découvrent souvent lorsqu’ils partent au japon pour un stage par exemple.
    On ne devient pas un grand champion sans une hygiène de vie rigoureuse, de l’envie et surtout de la persévérance et ne pas avoir de répéter encore et encore le même mouvement.
    Beaucoup de champions n’ont pas la capacité de retransmettre ce qu’ils ont appris, d’autres oui et le font très bien. Merci à Lee WON-HEE qui va nous assurer de voir des très beau combat dans les tournois et autres évènements à venir.

  2. Savoir qu’un grand judoka comme Lee Won-Hee transmet son savoir à la génération suivante est une grande satisfaction, et un réel bénéfice pour le judo, en particulier pour la discipline féminine qui mérite vraiment ce champion en tant qu’entraîneur.
    Espérons que sa vision du sport touchera les jeune judoka.

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