André ALLARD : la passion de la transmission – 3ième et dernière PARTIE – le judo

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André ALLARD 5ième DAN

Si je te dis JITA KYOE çà représente quoi pour toi ?

Ça représente l’essentiel je pense. Le judo c’est un support à toutes les autres choses. La chose essentielle c’est le lien. Le lien des autres et le lien avec les autres. On n’a pas le choix on s’attrappe. On est les bras dans les bras pratiquement. Parfois pour des choses faciles, car on est en coopération. Parfois en lien pour des choses plus difficiles, car on est en opposition. Dans les 2 cas il faut qu’il y ai entraide et prospérité mutuelle. Dans la phase de coopération c’est facile on s’entraide naturellement. Et dans la phase de combat, le mettre en difficulté ça va lui demander de se poser des questions. Donc çà va l’aider à progrésser à devenir meilleur. C’est l’objectif originel du judo : « devenir meilleur ».

Existe-t-il plusieurs manière de vivre sa vie de judoka ?

Oui évidement. Regarde-moi, avant j’étais jeune judoka ensuite compétiteur de haut-niveau maintenant prof. Et moi qui suis seulement prof de judo depuis 2006, j’ai l’impression de ne pas être le même prof qu’à mes débuts. Forcement çà évolue tout le temps. Il y a des parcours classiques et puis il y a des vies particulières, fabuleuses, de judokas qui sortent de l’ordinaire…comme toi par exemple Emmeric…rires…

-Çà n’est pas l’objet de l’entretien André, mais c’est sûr que je ne vais pas te démentir.

Et puis il y a des gens qui s’éclatent au niveau de l’arbitrage. Il y a tellement de façons d’être prof de judo. Des gens qui s’éclatent quelle que soit la voie choisie. Donc il y a pleins de choses fabuleuses à faire !

Une fois le judogi raccroché à la fin du cours on reste judoka pour toi ?

Quelqu’un a dit : « judoka sur le tapis, judoka dans la vie ». Le judo c’est vraiment plus qu’un sport. Jitakyoé en est la preuve. Il y a une part de philosophie de vie aussi. Le judo c’est en fait une discipline, une pratique. La pratique te forge, tu deviens un individu particulier grâce à çà.

Tu as l’impression que le judo peut ouvrir l’esprit ?

Je ne peux que te dire oui. Pour moi çà été une source ENORME d’ouverture. Mais de manière générale, il y a sur le tapis un échanges de différentes strates sociales. Des gens qui ne pensent pas du tout la même chose. Mais ils vont s’accorder sur le tapis. C’est un modèle. Quand les gens se découvrent après, en allant boire un coup après l’entraînement par exemple, ils ne peuvent pas fondamentalement se détester. Car précédemment ils se sont aimés sur le tapis.

Toi qui a bourlingué en judogi dès le plus jeune âge grâce à Rodolphe LEGRAND de Grand-Quevilly, trouves-tu que le judo change suivant les pays ou qu’il est plutôt universel ?

Dans l’ensemble cette étiquette universelle est vraiment magique. En technique tu as des judokas fabuleux dans différents pays, et de plus en plus. Ce qui peux différer un peu, c’est qu’en France la partie philosophique est importante. Les clubs la portent. Et c’est pour çà que l’on a aussi cette masse de judokas en France. Il n’y a pas que la compétition. Et il y a beaucoup de pays où çà reste un SPORT . Par exemple en Mongolie, il n’y a pas de club de judo. Il y a un seul endroit où on fait du judo : c’est le centre d’entraînement national d’Oulan-Bator. C’est peut-être un peu dommage pour ces pays-là. Mais ils l’ont pris sous son volet sportif.

Si tu voulais donner envie à un gamin d’essayer le judo tu lui dirais quoi ?

J’aime bien qu’il vienne par lui-même, donc je ne lui dis rien ...rires… je lui file un kimono et il essaye. C’est difficile pour un enfant d’imaginer ce ressenti. Mais c’est magique quand il enfile le kimono…et qu’il revient !

– fin de l’interview : le judo –

UCHI-MATA par André ALLARD

Interview et rédaction : Emmeric LE PERSON

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